Idéal Investisseur
Idéal Investisseur
Annonce





🏠 Accueil   ➤    Business

Facturation électronique : êtes-vous en règle ?

La facturation électronique, une transformation numérique au cœur des échanges commerciaux en France, est en passe de devenir une obligation légale pour toutes les entreprises. Depuis juillet 2024, cette nouvelle norme a commencé à s'imposer de manière progressive selon la taille des sociétés, dans le cadre d'une démarche qui s'étendra jusqu'en 2026. Si cette transition peut sembler complexe pour certains, elle représente également une opportunité de moderniser et d'optimiser les processus comptables et financiers. Mais la question clé pour les entreprises est : êtes-vous en règle avec cette évolution réglementaire et êtes-vous bien préparé pour cette transformation majeure ?

Facturation électronique : êtes-vous en règle ?
Temps de lecture : 5 minute(s) - Par C Dulary | Publié le 26-02-2025 08:00  Photo : Shutterstock 

Le cadre législatif : vers une adoption progressive

L’obligation de passer à la facturation électronique en France ne tombe pas du jour au lendemain. Elle est issue de la loi de finances de 2020, qui impose à toutes les entreprises françaises, assujetties à la TVA, d’adopter cette méthode entre 2024 et 2026. Ce calendrier progressif a été élaboré afin de donner le temps aux entreprises de se préparer à cette transition sans bousculer leurs pratiques du jour au lendemain.

Voici les principales étapes à retenir :

- 1er juillet 2024 : obligation de réception de factures électroniques pour toutes les entreprises et obligation d’émission pour les grandes entreprises (celles de plus de 5 000 salariés).
- 1er janvier 2025 : obligation d’émission pour les entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5 000 salariés).
- 1er janvier 2026 : obligation d’émission pour les petites entreprises, les PME, ainsi que les microentreprises (moins de 250 salariés).

Ce cadre légal vise avant tout à lutter contre la fraude à la TVA, qui coûte chaque année des milliards d’euros à l’État. En parallèle, il vise à simplifier et moderniser les interactions financières entre les entreprises et avec l’administration fiscale. Une évolution dans le cadre de la dématérialisation des processus, qui pourrait également permettre aux entreprises de gagner en efficacité.

Annonce
IG_Mobile

Comprendre la facturation électronique : au-delà du PDF

La facturation électronique ne se limite pas à l’envoi de documents par e-mail sous format PDF, comme beaucoup pourraient le penser. Elle implique un processus entièrement dématérialisé, du moment de l’émission de la facture jusqu’à sa réception. Pour être conforme, une facture électronique doit être émise dans un format structuré, tel qu’un fichier XML, garantissant ainsi une traçabilité optimale et une meilleure sécurisation des données.

En France, l’outil central dans ce processus est la plateforme Chorus Pro, qui permet d’échanger des factures avec les administrations publiques. Cependant, pour le secteur privé, des plateformes privées certifiées viendront compléter ce système pour fluidifier les échanges commerciaux entre entreprises.




Les bénéfices d'une adoption proactive

Bien que la facturation électronique devienne une obligation, elle présente aussi de nombreux avantages pour les entreprises qui anticipent son adoption.

- Réduction des coûts :
En dématérialisant les factures, les entreprises peuvent se passer des frais liés à l’impression, à l’envoi postal ou à l’archivage physique des documents. Une étude réalisée par PwC estime que la réduction des coûts de traitement peut aller de 50 à 75 %, un chiffre significatif pour les PME qui cherchent à optimiser leurs ressources.

- Gains de temps :
L’automatisation des processus permet de réduire drastiquement le temps passé à gérer les factures, une tâche traditionnellement chronophage. Selon l'Association Française des Éditeurs de Logiciels (AFDEL), les entreprises pourraient gagner plusieurs jours chaque mois en automatisant ces tâches administratives.

- Traçabilité et conformité :
La facturation électronique permet un meilleur suivi des documents financiers et garantit leur conformité aux exigences fiscales. De plus, grâce à l’archivage numérique, la gestion et la recherche de documents deviennent bien plus simples et rapides.

- Amélioration des flux de trésorerie :
Un autre avantage clé réside dans la réduction des délais de paiement. En effet, une meilleure gestion des factures permet aux entreprises de diminuer les risques de retard de paiement, un problème majeur pour de nombreuses PME. Selon une étude de Sage, près de 25 % des défaillances d’entreprises en France sont dues à des retards de paiement excessifs.



Se préparer pour la transition : les étapes clés

Pour passer à la facturation électronique dans les meilleures conditions, il est crucial d’anticiper et de se préparer en amont. Voici quelques étapes essentielles pour assurer une transition fluide.

1. Choisir une solution adaptée à son entreprise
Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes besoins en matière de facturation. Les grandes entreprises, avec des volumes importants de factures, auront probablement besoin de solutions sophistiquées, intégrant des systèmes de gestion ERP et d’automatisation. À l'inverse, les PME et micro-entrepreneurs peuvent opter pour des solutions plus simples, comme des logiciels de facturation en ligne conformes à la réglementation en vigueur.

La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) a d’ailleurs émis une liste de critères pour s’assurer que les solutions choisies soient compatibles avec le Portail Public de Facturation (PPF) ou des plateformes privées agréées.

2. Former ses équipes
Passer à la facturation électronique implique une refonte des habitudes et des pratiques au sein de l’entreprise. Il est donc essentiel de former les équipes comptables et administratives aux nouveaux outils et processus. Les éditeurs de logiciels proposent généralement des formations dédiées pour faciliter cette transition. Mais il est également important de sensibiliser les autres départements de l’entreprise (achats, ventes, etc.) pour que cette transition soit bien intégrée à tous les niveaux.

3. Assurer la sécurité des données
La facturation électronique repose sur des échanges numériques de données sensibles. Il est donc impératif de mettre en place des infrastructures informatiques sécurisées, conformes au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). L’objectif est d’éviter toute fuite ou piratage des données, notamment lors des transmissions de factures ou de leur stockage.

4. Prévoir les coûts initiaux
Bien que la facturation électronique permette de réaliser des économies sur le long terme, la transition peut entraîner des coûts initiaux, comme l’achat d’un logiciel, la formation des employés ou encore la mise à jour des infrastructures informatiques. Il est donc conseillé d’inclure ces frais dans le budget prévisionnel de l’entreprise.

Les risques en cas de non-conformité

Ne pas anticiper cette transition pourrait exposer les entreprises à plusieurs risques. En premier lieu, une non-conformité légale pourrait entraîner des sanctions financières et administratives. Par exemple, une facture émise dans un format non conforme pourrait être rejetée par l’administration fiscale, provoquant ainsi des retards de paiement et des complications dans la gestion des relations commerciales.

De plus, une entreprise qui tarderait à adopter la facturation électronique pourrait perdre en compétitivité. En effet, face à des partenaires commerciaux déjà conformes, elle pourrait être perçue comme moins professionnelle et rencontrer des difficultés à suivre le rythme des échanges numériques.

Enfin, un retard dans l’adoption de la facturation électronique pourrait provoquer une surcharge administrative au sein de l’entreprise. Une transition mal préparée peut entraîner des erreurs, des retards et des dysfonctionnements dans la gestion des factures, affectant directement la trésorerie de l’entreprise.

Foire aux questions (FAQ)

Quand la facturation électronique sera-t-elle obligatoire pour toutes les entreprises en France ?
Depuis le 1er juillet 2024, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émettre ces factures est progressive : dès cette date pour les grandes entreprises,depuis janvier 2025 pour les entreprises de taille intermédiaire, et à compter de janvier 2026 pour les PME et microentreprises.

Comment choisir une solution de facturation électronique ?
Il est essentiel de choisir une solution conforme aux exigences de la DGFiP, capable de traiter des factures via le PPF ou une plateforme privée agréée. Il est également recommandé d’évaluer le volume de factures à gérer et de choisir une solution adaptée aux besoins spécifiques de l'entreprise en termes d’automatisation et de gestion.

Quelles sont les sanctions pour les entreprises ne respectant pas l’obligation de facturation électronique ?
Les sanctions pour non-respect de l’obligation de facturation électronique peuvent inclure des amendes administratives et, dans certains cas, le rejet des factures non conformes par l’administration fiscale, ce qui entraînera des retards de paiement et d’autres complications.

Quels sont les avantages de la facturation électronique pour les PME et microentreprises ?
Les PME et microentreprises bénéficient de la facturation électronique en réduisant leurs coûts de gestion, améliorant la traçabilité des paiements, et renforçant la sécurité des données. Elle simplifie également les relations avec les administrations et partenaires commerciaux grâce à une meilleure automatisation des processus.

La facturation électronique représente donc un enjeu majeur pour les entreprises françaises. Si elle peut sembler contraignante au premier abord, elle offre en réalité des perspectives importantes en termes de modernisation, de sécurité et d'efficacité. Soyez donc prêts à anticiper cette transformation pour rester compétitifs et en règle avec la loi.

Magazine

Abonnez-vous au magazine !

Tous les deux mois :

- Des interviews exclusives d'investisseurs

- Des dossiers spéciaux sur les stratégies d'investissement

- Les secteurs prometteurs pour les mois à venir...

Bourse, Immobilier, Non coté, Business, Crypto...

1 an, 6 numéros : 39,50 € TTC
au lieu de 47,40 € TTC

S'abonner