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Les détenteurs d'assurances-vie et de PER pourraient être obligés d'investir une partie de leur épargne dans des fonds risqués destinés à financer les PME.
La loi sur l'industrie verte, promulguée en octobre pour stimuler la croissance industrielle dans des secteurs tels que la fabrication de batteries, les technologies de chauffage écologiques et l'hydrogène, pourrait maintenant imposer des fonds de capital-risque dans l'épargne des particuliers.Le capital-investissement privé, ou private equity, consiste à investir dans des sociétés qui ne sont pas cotées en bourse. Il est bien souvent représenté par des fonds d’investissement tels que les FCPR (Fonds commun de placement à risques), FCPI (fonds communs de placement dans l’innovation) et FIP (fonds d’investissement de proximité). Considéré pour son potentiel de rendement élevé, le private equity représente néanmoins l’une des catégories d'actifs les plus risquées. La faible liquidité de ces fonds, destinés en grande partie au développement de petites et moyennes entreprises, ainsi que la durée de blocage de l’argent investi, qui s'étend souvent de cinq à huit ans, en font un placement à manier avec prudence, comme le rappelle le régulateur. D’autant que leur rendement réel est un sujet régulier de débat, celui-ci étant très variable et souvent négatif, d'après les données visibles sur MorningStar.
L’État réfléchit depuis longtemps à flécher l’épargne des Français vers l’économie réelle. L’encours des assurances-vie, qui s’approche doucement des 2000 milliards d’euros, représente une manne conséquente qu’il cherche à mobiliser en partie pour financer l’économie.Souvenons-nous il y a quelques années encore, la plupart des particuliers ne misaient que sur des fonds en euros, placements sans risques et peu investis dans l’économie réelle. Avec la baisse des taux, ces contrats monosupport avaient quasiment tous disparu des étagères des assureurs, à la faveur de contrats multisupports imposant d’investir dans des placements financiers plus ou moins risqués. Pour rassurer les épargnants, le gouvernement avait alors mis en place les fonds « Eurocroissance », alliant investissement financier et garantie en capital après 8 ans de détention. Le projet n'a eu que peu de succès.En 2019 était introduit le Plan d’épargne retraite (PER), visant à encourager les épargnants à investir dans des supports financiers pour préparer leur retraite. Mais là encore, ces fonds d'investissement restent bien souvent trop loin de l’économie réelle pour avoir un réel effet économique. Avec ce nouveau décret, l'État pourrait donc bien reprendre la main, en imposant aux épargnants d'investir dans une catégorie d'actifs bien précise destinée à financer des projets industriels... à leurs risques et périls.
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Selon les informations des Échos, Le futur décret pourrait imposer un taux de private equity aux versements effectués par les détenteurs d'assurances-vie et de PER en gestion pilotée. Le taux minimal varierait selon le profil de l’investisseur : 4 % des versements pour l’allocation prudente d’un PER, 8% pour le profil dynamique d’une assurance-vie, voire jusqu'à 15 % pour les profils dynamiques des PER, avec dégressivité en fonction de l’âge.Face à cette potentialité, les épargnants qui se refusent à l'idée d'intégrer le private equity dans leur portefeuille ne pourraient que se tourner vers la gestion libre, c'est-à-dire choisir eux-mêmes les fonds dans lesquels investir. Cette alternative, toutefois, pourrait complexifier davantage la tâche aux non-initiés.Selon le journal, le ministère de l'Économie et des Finances soutient que cette mesure élargira l'éventail des choix d'investissement et contribuera au financement d’entreprises locales. Mais le fond du problème est bien l’adéquation entre ces actifs risqués et peu liquides et le profil de nombreux épargnants, alors même que ce sujet reste l’un des chevaux de bataille de l’Autorité des Marchés Financiers.Dans ce contexte, la Fédération des Associations Indépendantes de Défense des Épargnants pour la Retraite (FAIDER) a déjà interpellé les autorités de régulation, appelant notamment à l'exemption des profils d'épargnants prudents et équilibrés de cette nouvelle obligation. Cette initiative gouvernementale représente un tournant potentiel pour l'épargne en France, invitant à un débat nécessaire sur la balance entre le soutien à l'économie et la protection des investisseurs individuels.
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